Tous les yeux tournés vers MYRRHA lors de la 62e Conférence générale de l’AIEA

2018-09-19

L’installation de recherche multifonctionnelle MYRRHA a attiré les regards lors de la 62e Conférence générale de l’Agence international de l’énergie atomique (AIEA), qui s’est tenue cette année du 17 au 21 septembre à Vienne. Ce vif intérêt est la conséquence de la récente décision du gouvernement belge de construire cette infrastructure unique au monde, grâce à un financement de 558 millions d’euros.

Offrir une solution technologique pour réduire la quantité de déchets nucléaires et produire de nouveaux types de radio-isotopes médicaux. Voilà l’ambition affichée par l’installation de recherche MYRRHA. « Grâce à une technologie capable de diminuer radicalement le volume et la radiotoxicité des déchets hautement nucléaires, MYRRHA écourte la période de stockage de ces déchets, passant de quelques centaines de milliers d’années à quelques centaines d’années. MYRRHA joue donc un rôle important pour la société », précise Hamid Aït Abderrahim, directeur général adjoint du SCK•CEN et directeur de MYRRHA. À l’avenir, l’infrastructure de recherche contribuera également à la recherche sur les radio-isotopes théranostiques (diagnostic et traitement thérapeutique) et leur production. Le gouvernement belge reconnaît la valeur sociétale du projet. C’est pourquoi
il a récemment décidé de soutenir le projet en y investissant 558 millions d’euros.

« Grâce au financement belge, nous pouvons commencer la construction de MYRRHA. Nous démarrerons avec l’accélérateur de particules et ses stations d’irradiations pour la recherche fondamentale et appliquée ainsi que pour des applications médicales », affirme Hamid Aït Abderrahim (SCK•CEN). Le Secrétaire d’État au Commerce extérieur Pieter De Crem : « La Belgique fait partie des pays les plus innovants du monde et endosse, avec son projet MYRRHA, un rôle de pionnier dans le développement de technologies nucléaires novatrices, sures et durables. En tant qu’Envoyé Spécial du Gouvernement fédéral en soutien au projet MYRRHA, je concentre mon attention sur la recherche de partenaires à l’étranger souhaitant collaborer avec le Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire sur le développement de ce prototype de réacteur nucléaire piloté par un accélérateur de particules. Cet intérêt accru est un incitatif très important pour les investisseurs étrangers qui les motivera certainement davantage à rejoindre ce projet prometteur. »


Accord-cadre de coopération avec l’Institute for Energy Technology (IFE)

Lors de la 62e Conférence générale de l’AIEA, le SCK•CEN n’a pas uniquement attiré l’attention des éventuels investisseurs pour l’ambitieux projet MYRRHA. Le Centre a aussi entériné sa collaboration avec ses partenaires tels que l’Institute for Energy Technology (IFE) en Norvège, avec lequel le SCK•CEN a déjà énormément collaboré par le passé. Le mardi 18 septembre, Eric van Walle, directeur général du SCK•CEN, et Nils Morten Huseby, PDG de l’IFE, ont signé un accord-cadre de coopération. Celui-ci résulte de la décision de l’IFE plus tôt cette année de mettre définitivement à l’arrêt le réacteur Halden.

« Avec la disparition du réacteur Halden, la demande internationale pour la poursuite de plusieurs expériences de sûreté sur le combustible nucléaire dans le réacteur BR2 augmente. En travaillant conjointement avec l’IFE, nous pourrons mettre à profit leurs savoirs pour mener à bien ces expériences », indique Eric van Walle (SCK•CEN). Cette coopération signifie également un échange de connaissances. « Plusieurs compétences et aptitudes de nos centres de recherche se complètent dans le domaine des services d’irradiation. Collaborer implique alors une vision commune, l’apprentissage des techniques de l’autre et l’optimisation de notre prestation de services à l’international dans le cadre de l’exploitation sure de
nos centrales nucléaires. » En outre, l’IFE pourra faire appel aux connaissances acquises et aux techniques développées au SCK•CEN lors du démantèlement de son réacteur BR3 dans le but de soutenir le démantèlement du réacteur Halden.

« L'IFE maintient son engagement dans la recherche nucléaire même après la future mise à l’arrêt permanente du réacteur Halden », affirme Nils Morten Huseby, PDG de l’IFE. La collaboration internationale a toujours fait partie intégrale des activités de l’IFE et sera d’autant plus importante à l’avenir, compte tenu de la baisse du nombre d’installations de recherche nucléaire à travers le monde. L’IFE travaille depuis des années avec le SCK•CEN via le projet Halden et nos deux centres ont noué une relation professionnelle forte. Cet accord nous permettra d’accroître notre coopération à la fois sur le plan de la recherche scientifique et sur celui du démantèlement. L’expérience du SCK•CEN acquise avec le démantèlement du réacteur BR3 sera d’une aide capitale pour l’IFE dans les années à venir, quand le démantèlement du réacteur Halden commencera. »