Les jeunes chercheurs du SCK•CEN ouvrent la voie à de nouvelles applications thérapeutiques

Ce jeudi 23 mars, son Altesse Royale la Princesse Astrid a visité les laboratoires de Life Sciences du centre de recherche SCK•CEN à Mol. La Princesse Astrid a eu l’occasion de découvrir les avancées technologiques et scientifiques des jeunes chercheurs du Centre dans le domaine spatial et médical. Des recherches de pointe qui ouvrent la voie à de nouvelles applications médicales prometteuses.

Depuis de nombreuses années, le Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire (SCK•CEN) est pionnier dans la recherche internationale sur les effets d'une exposition à de faibles doses de rayonnements ionisants sur le corps humain et l'environnement. En Belgique, les applications médicales – essentiellement l’imagerie, mais aussi la radiothérapie – sont responsables de plus de 95% des expositions à des sources de rayonnement non naturelles.

«Les recherches menées au SCK•CEN sont essentielles pour mieux connaitre les effets de ces expositions, notamment chez le fœtus et l’enfant, et pour réduire au minimum les doses de rayonnements reçues par le patient», explique Hans Vanmarcke, directeur du département Life Sciences au SCK•CEN et président du comité scientifique UNSCEAR des Nations Unies. «Grâce à ces avancées, nous pouvons aller vers une médecine personnalisée où chaque patient est traité en fonction de son profil génétique et de sa sensibilité aux radiations. Les traitements contre le cancer deviennent ainsi plus efficaces tout en provoquant moins d’effets secondaires.»

Ces études permettent de mettre au point de nouveaux produits radiopharmaceutiques pour un meilleur diagnostic et une meilleure thérapie du cancer, mais aussi des maladies immunitaires, cardiovasculaires ou encore neurocognitives. Des études qui prennent aussi de l’altitude et utilisent l'espace comme terrain d’exploration.

 

De gauche à droite
Eric van Walle directeur général du SCK•CEN,
SAR Princesse Astrid,
Derrick Gosselin président du conseil d'administration SCK•CEN,
Martial Pardoen, Commissaire du gouvernement. 

L’astronaute, notre laborantin

La dose quotidienne de rayonnement ionisant est bien plus importante dans l’espace que sur terre, avec un impact direct sur les astronautes et les bactéries présentes dans l’espace. Pour relever différents défis majeurs et permettre un jour des missions spatiales de longue durée comme vers Mars, les chercheurs du SCK•CEN travaillent en collaboration avec l’Agence Spatiale Européenne et un consortium d’experts internationaux, notamment sur la mise au point d’un système microbien de recyclage de déchets baptisé MELiSSA et capable de produire de l’oxygène, de l’eau et de la nourriture dans l’espace,.

Les chercheurs du Centre préparent depuis près de dix ans une expérience spatiale impliquant la spiruline, une cyanobactérie intéressante, puisque capable de produire de l’oxygène et de la nourriture. En novembre prochain, un dispositif nommé photobioréacteur s’envolera vers la Station spatiale internationale (ISS) pour tester le comportement de la spiruline. Le project fournira des informations cruciales sur la production d’oxygène par une culture bactérienne active pendant plusieurs semaines dans des conditions de microgravité et de radiations spatiales.

«Il s’agit d’une première mondiale !», s’enthousiasme Natalie Leys, responsable du département de Microbiologie du SCK•CEN. « Nos projets spatiaux sont régulièrement sélectionnés pour l’envoi de packs expérimentaux dans l’ISS. Toutes les données récoltées nous permettent de mieux cerner le fonctionnement du corps humain et des bactéries, et d’utiliser les résultats pour des applications thérapeutiques et biotechnologiques sur terre.»

Zoom sur les recherches de trois jeunes chercheurs


La recherche spatiale contribue aussi au programme d’éducation scientifique de l'Académie du SCK•CEN, offrant aux enseignants et étudiants d’écoles secondaires et d’universités la possibilité de visiter les laboratoires et d’y effectuer des expériences. «Grâce à cette recherche prometteuse et à nos infrastructures de pointe, nous accueillons chaque année de nombreux étudiants et jeunes chercheurs du monde entier», affirme Sarah Baatout, responsable du département de Radiobiologie du SCK•CEN. «C’est ce vivier de connaissances et d’expertise qui nous permet de faire avancer la science et la médecine.»